Entre mes mains le bonheur se faufile, Agnès Martin-Lugand, Michel Lafon

entre mes mains

Pendant longtemps « Les gens heureux lisent et boivent du café » m’avait fait de l’œil dans les librairies mais, manque de temps, beaucoup de lectures en retard, je n’avais jamais franchi le pas jusqu’à l’année dernière. J’ai fini par l’acheter avant de monter dans le train dans un Relay Gare et je l’ai englouti très rapidement. J’ai trouvé ce texte beau, vrai, et il m’a extrêmement touché. Ainsi j’ai sauté sur « Entre mes mains le bonheur se faufile », persuader que ça allait faire mouche de nouveau.

Et bien en fait… non.

 

Ce que l’éditeur en dit:

Depuis l’enfance, Iris a une passion pour la couture. Dessiner des modèles, leur donner vie par la magie du fil et de l’aiguille, voilà ce qui la rend heureuse. Mais ses parents n’ont toujours vu dans ses ambitions qu’un caprice : les chiffons, ce n’est pas « convenable ». Et Iris, la mort dans l’âme, s’est résignée.

Aujourd’hui, la jeune femme étouffe dans son carcan de province, son mari la délaisse, sa vie semble s’être arrêtée. Mais une révélation va pousser Iris à reprendre en main son destin. Dans le tourbillon de Paris, elle va courir le risque de s’ouvrir au monde et faire la rencontre de Marthe, égérie et mentor, troublante et autoritaire.

Portrait d’une femme en quête de son identité, ce roman nous entraîne dans une aventure diabolique dont, comme son héroïne, le lecteur a du mal à se libérer.

 

Ce que j’en dis, moi :

Mais quelle déception!… Après « Les gens… » je m’attendais à tellement mieux! Du moins à une lecture un peu plus profonde que ça!

Plusieurs choses m’avaient poussé à lire ce livre : envie donc de suivre l’auteur, mais également parce qu’une de mes sœurs le lisait je trouvais sympathique de partager une lecture (mais en fait j’ai traîné et je l’ai lu beaucoup plus tard qu’elle), ma récente machine à coudre je me disais que j’allais être dans le thème, et une phase de questionnement quant à mon travail qui semblait coïncider pas mal avec le personnage principal.

C’était donc presque gagné avant même de commencer! C’est pour ça que je me suis accrochée malgré une drôle d’impression dès les premières pages. Déjà tout commence vite et avec des gros sabots. Dès les 30 premières pages, on comprend de manière très peu subtile que le mariage d’Iris bat de l’aile, et on assiste à un repas de famille où les frères d’Iris, pour un prétexte assez léger – les belles sœurs d’Iris la complimentent sur sa robe faite main – reviennent sur un événement du passé jusqu’alors inconnu par la principale intéressée : avant qu’elle ne parte faire des études pour travailler dans une banque selon le choix de ses parents, Iris avait passé des concours pour entrer dans une école de couture et avait été prise. Mais ses parents estimant le domaine trop précaire avaient subtilisé sa lettre d’inscription, la condamnant ainsi à un triste avenir dans une banque. Aucune nuance chez ces parents stéréotypes des briseurs de rêves, mais on s’en fiche puisque, ayant servis à lancer l’histoire, on ne les revoie plus jamais, hasta la vista bye bye!

Mais bon, passons sur les grosses ficelles, quand elle arrive sur Paris je me suis dit : chouette, allez, c’est partie pour la couture! Je m’attendais à lire l’épanouissement par la créativité, la recherche de son identité par le travail et, au final, la découverte d’un don qui efface tous les doutes sur le choix à prendre quant au futur. Mais en fait, niet. En un chapitre elle est repérée par la responsable- Marthe – et prise sous son aile. La couture n’en n’est réduite qu’à un simple décors, un prétexte pour… l’histoire d’amour impossible entre Iris et Gabriel, le protégé de Marthe, incorrigible coureur de jupons mais qui bien sûr, ne va pas rester insensible au charme de la timide Iris, femme fatale qui s’ignore.

Allez, je l’ose: une histoire cousue de fil blanc! On assiste pendant plus de 300 pages au flirt d’Iris et Gabriel, Iris prise entre son cœur et la raison qui la pousse vers son mari – heureusement tout est fait pour rendre ce dernier complètement antipathique, le lecteur n’a pas de doute du côté de qui il doit se placer: vas-y Gabriel encore 200 pages de gnangnantise et tu vas pécho ! Marthe aurait pu être intéressante mais elle est justement la caricature de la mentor étrange et perverse qui cache un lourd secret.

Bref, je me rends bien compte que je ne suis pas tendre avec ce livre mais ma déception est à la hauteur de l’émotion que j’ai ressenti en lisant « Les gens heureux ». Après, évidemment ça se lit bien, les personnages finissent par être attachants et la fin est assez bien faîte, un peu facile, mais bien moins lisse que le reste de l’histoire et lui donne un relief plus intéressant. Mais bon, pour moi, ça n’a pas suffit.

J’ai vu que la suite des « Gens heureux » venait de paraître mais pour le moment, je boude Agnès Martin-Lugand. A voir donc, mais je le lirais très certainement quand il sera en poche.

 

Extrait choisi:

Sur le plan professionnel, mon rêve éveillé se poursuivait. La couture et la création remplissaient ma vie, je n’avais jamais été aussi heureuse. Mon carnet de commandes était toujours plein. Philippe avait sauté sur l’occasion et décrété que les filles seraient mes petites main en période de rush. Je commençais à gagner très correctement ma vie. Grâce à Marthe, je côtoyais des femmes de plus en plus exigeantes, et ma créativité n’en était que plus stimulée. Le milieu de mon mentor était confidentiel, un vrai cercle réservé aux initiés. Je compris très vite qu’elle ne m’entraînerait jamais à la Fashion Week ; les paillettes et les strass la révulsaient. Elle ne parlait de moi qu’à sa garde rapprochée, et faisait le tri parmi des clientes potentielles, « il faut montrer patte blanche pour obtenir un rendez-vous avec la protégée de Marthe », me précisa une femme qui venait de décrocher son ticket d’entrée à l’atelier. Moi qui me croyais trouillarde, je prenais chaque ouvrage comme un défi, une compétition qu’il était impératif que je remporte. p.155

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5 réflexions sur “Entre mes mains le bonheur se faufile, Agnès Martin-Lugand, Michel Lafon

  1. je ne savais pas qu’il y allait avoir une suite aux gens heureux ! Après justement la suite peut potentiellement virer facilement dans le gnangnan…
    j’avais été déçue mais moins que toi ! en effet c’est plus un roman de plage là…

    • Elle vient tout juste de sortir, ça s’appelle « La vie est facile, ne t’inquiète pas ». Oui c’est sûr que le risque de gnangnan est plus grand que pour le premier, c’est pour ça j’attends de voir un peu les avis pour voir. Mais bon, je pense quand même que les personnages des Gens sont nettement plus intéressants que ceux de Entre mes mains…

      • Suite à ton article, j’ai lu « la vie est facile… » ! Alors déjà je ne trouve pas le titre très adapté mais bon il est sans doute vendeur. A part ça : j’ai passé un bon moment à le lire, on retrouve avec plaisir les personnages du 1er tome… Après l’histoire sans être vraiment gnangnan n’en est pas moins super-prévisible… A lire pour se détendre donc, sur une plage irlandaise par ex 😀

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