L’amour au temps du choléra, Gabriel Garcia Marquez, Le Livre de Poche

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Publié en 1985, L’amour au temps du choléra a refait surface récemment en tête de rayon de nos librairies suite au décès de son auteur Gabriel Garcia Marquez. Ce dernier avait obtenu en 1982 le prix Nobel de littérature (rien que cela !) et est l’un des auteurs hispaniques les plus lus dans le monde. Alors, est-ce que ce livre vaut vraiment la peine d’être lu ?

 

CE QUE L’EDITEUR EN DIT

A la fin du XIXe siècle, dans une petite ville des Caraïbes, un jeune télégraphiste pauvre et une ravissante écolière jurent de se marier et de vivre un amour éternel. Durant trois ans ils vivent l’un pour l’autre, mais Fermina épouse Juvénal d’Urbino, un brillant médecin. Alors, Florentino, l’amoureux trahi, se mue en séducteur impénitent et s’efforce de se faire un nom et une fortune pour mériter celle qu’il ne cessera d’aimer, en secret, cinquante années durant. 

L’auteur de Cent ans de solitude et de Chronique d’une mort annoncée, prix Nobel 1982, donne libre cours à son génie de conteur, à la richesse de son imagination et à l’enchantement baroque de son écriture. 

 

CE QUE LUI EN DIT

L’amour, encore l’amour, toujours l’amour. Source inépuisable pour les écrivains n’est-ce pas ? Sujet risqué pouvant transformer votre œuvre en roman d’adolescente ou soupe mièvre pour vieille dame mais qui peut également en faire un chef-d’œuvre si tout est bien dosé. Et en terme de dosage, disons que Gabriel Garcia Marquez est un maître. N’est pas prix Nobel qui veut !

Tout comme dans son roman Cent ans de solitude,  Gabriel Garcia Marquez ne cherche pas uniquement à raconter une histoire. C’est avant tout un conteur qui pose une ambiance et grâce à des descriptions savamment orchestrées, qui parvient à nous transporter dans son univers. Impossible quand la chance vous a été donnée d’aller dans une île des Caraïbes de ne pas retrouver l’atmosphère des patios intérieurs où la végétation lutte contre les façades et où le soleil à son midi brûle l’inconscient qui s’y aventure.

La force de l’auteur est qu’il parvient à captiver le lecteur sans histoire. Certains amis me disaient quand je lisais ce livre que j’avais du courage car « il ne se passe rien dans ce bouquin ». C’est faux :

  • D’une part, l’auteur parvient à saisir toutes les évolutions dans le monde de ses personnages et c’est une leçon d’histoire des sciences, des techniques, des communications, des mentalités et des comportements que Gabriel Garcia Marquez offre à ses lecteurs. Dépassant l’idée que tout ce monde caribéen serait figé dans un âge d’or de la période coloniale, il parvient à montrer l’adaptation d’une population face à de nouveaux modes de vie et de nouvelles technologies.
  • D’autre part, l’auteur parle d’amour et ce sont certaines des plus belles pages de la littérature à ce sujet qui sont contenues dans ce livre. Gabriel Garcia Marquez dispose d’un nuancier complet allant de la passion irraisonnée à l’amour plus tendre et réfléchi des personnes âgées qui commencent à dresser le bilan de leur vie. En parlant d’amour, l’auteur évoque l’enivrement, la crainte, la trahison, l’espoir, le manque, le quotidien, le passage des années et construit une palette des émotions aux différents âges de la vie.

En bref, L’amour au temps du choléra n’est pas qu’un livre sur les amours possibles et impossibles de deux jeunes caribéens au XIXe siècle. C’est avant tout un livre qui nous permet de prendre de la hauteur par rapport aux sentiments et qui nous en apprend beaucoup sur l’homme, ses sensations, ses doutes, son rapport à la société et à ses bouleversements. Et il fallait bien un prix Nobel pour parvenir à condenser ces vies entières en moins de 450 pages….

Extrait bonus !

« Elle but tant d’anis qu’ils durent l’aider à monter l’escalier et fut prise d’un tel fou rire que tout le monde s’inquiéta. Lorsqu’elle parvint à le dominer, dans la douceur parfumée de la cabine, ils firent l’amour, sages et tranquilles tels deux petits vieux flétris, et ce souvenir devait rester dans leur mémoire comme le meilleur de ce fantastique voyage. Il ne se prenaient pas pour de jeunes fiancés, à l’inverse de ce que croyait le capitaine et Zenaida, et moins encore pour des amants tardifs. C’était comme s’ils avaient contourné le difficile calvaire de la vie conjugale pour aller tout droit au cœur même de l’amour. Ils vivaient en silence comme deux vieux époux échaudés par la vie, au-delà des pièges de la passion, au-delà des mensonges barbares du rêve et des mirages de la déception : au-delà de l’amour. Car ils avaient vécu ensemble assez de temps pour comprendre que l’amour est l’amour, en tout temps et en tout lieu, et qu’il est d’autant plus intense qu’il s’approche de la mort ».

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2 réflexions sur “L’amour au temps du choléra, Gabriel Garcia Marquez, Le Livre de Poche

  1. Super, merci pour cet article, ça me donne envie de le relire ! Qu’est ce que j’aime cet auteur !!! 🙂

    « Il était encore trop jeune pour savoir que la mémoire du cœur efface les mauvais souvenirs et embellit les bons, et que c’est grâce à cet artifice que l’on parvient à accepter le passé. »

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